Louvre-Lens : 200 chefs-d'oeuvre au pied des terrils
Bernard Geniès du Nouvel Observateur
François Hollande a inauguré ce mardi le musée construit sur les anciennes terres minières du Nord-Pas-de-Calais.
Alors c’est comment le Louvre-Lens ? Quand le ciel est gris, le bâtiment conçu par les architectes de l’agence japonaise Sanaa ressemble à un nuage d’aluminium et de verre, posé sur une terre noire où de maigres îlots de pelouse surnagent. Le chantier extérieur est loin d’être achevé, le grand parc paysager attend encore ses plantations. Le hall d’accueil abrite derrière des lames de verre une librairie un espace de documentation et un salon. Les employés qui y travaillent l’ont déjà surnommé le camembert. Derrière l’accueil, on aperçoit des arbres et les maisons où vivent encore d’anciens mineurs et leurs familles.
Sur la fosse numéro 9, la Galerie du temps
Inauguré par François Hollande ce mardi 4 décembre, le Louvre-Lens a été bâti à l’emplacement même du site de la fosse numéro 9, un puits de mine dont l’exploitation a cessé en 1960. En 1998, l’endroit avait été reconverti en parking lors de la Coupe du monde de foot. Aujourd’hui, ce sont les trésors de l’Egypte ancienne, du Moyen-Age, de la Renaissance qui occupent le terrain. Deux grandes galeries, l’une dite Galerie du temps, la seconde consacrée aux expositions temporaires, constituent l’épine dorsale de ce nouveau musée.
La Galerie du temps. La première est une immense nef d’un seul tenant. On y évoque l’histoire des collections du Louvre, depuis la naissance de l’écriture (3.400 avant J.-C.) jusqu’au chef-d’œuvre de Delacroix, "La liberté guidant le peuple", peint au lendemain des journées de 1830. Sculptures, objets d’art, tableaux, dessins, céramiques (plus de 200 pièces en tout) sont montrées dans des vitrines, sur des socles ou de simples cimaises.
On se balade dans cette grande forêt à son gré : quand on suit le sens de la longueur, le parcours est chronologique ; quand on navigue de gauche à droite, on découvre les œuvres réalisées à la même époque. Un exemple ? Tout à côté du célèbre "Monsieur Bertin" de Ingres (peint en 1832), on découvre une stèle funéraire turque de 1809 et un immense portrait du souverain de la dynastie qadjare Fath Ali Shaj, œuvre d’un peintre actif en Iran au début du XIXe siècle, Mehr Ali.
La galerie des expositions temporaires (dont l’entrée sera payante - 9 euros plein tarif - alors que l’accès à la Galerie du temps sera gratuit jusqu’en décembre 2013) est plus traditionnelle : succession de salles qui accueillent pour une durée de six mois un ensemble consacré à la Renaissance. Clou de cette présentation, la "Sainte-Anne" de Léonard de Vinci, récemment restaurée, a fait le déplacement.
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